Chambre implantable PDF Imprimer Envoyer

Informations avant la pose d'une chambre implantable

Madame, Monsieur,

Votre équipe soignante a jugé nécessaire la pose d'une "chambre à cathéter intraveineux implantable" (CIP).

De quoi s'agit-il?

C'est en fait un cathéter posé sous la peau qui permet d’accéder facilement à vos veines pour les perfusions. Il est utilisé dans des cas très divers : transfusions répétées, injections de médicaments (chimiothérapies, antalgiques, antibiotiques, nutrition artificielle,...), prélèvements sanguins.
C'est un dispositif qui facilite votre traitement et vous assure un confort certain. Il permet d'éviter les piqures de vos veines superficielles (bras et mains le plus souvent).
Il est composé d'un petit boîtier creux (moins de 2 cm de diamètre), implanté sous la peau en dessous de la clavicule, relié à un tube flexible fin (le cathéter) dont l'extrémité est placée dans une grosse veine proche du cœur (veine jugulaire ou sous-clavière). Ce dispositif est mis en place lors d'une intervention chirurgicale, au bloc opératoire. On peut ensuite piquer l’aiguille de la perfusion directement dans le boîtier à travers la peau pour les perfusions.

Comment va se dérouler l'intervention ?

Durant l'intervention (environ 45 minutes), vous êtes allongé et immobile. L'intervention se déroule sous anesthésie locale. L'anesthésie locale ne supprime pas la sensation du toucher, mais celle de la douleur. Des réinjections d'anesthésique sont possibles au fur et à mesure de l'intervention, en cas d'apparition d'une douleur.
Dans un premier temps, le cathéter est inséré dans la veine, et sa position est immédiatement contrôlée par une radiographie.
Dans un second temps, le boîtier est mis en place et relié au cathéter.
L'ensemble du dispositif est finalement situé sous la peau.
En dehors des cicatrices nécessaires à l'installation (la plus grande fait à peu près 3 cm), une simple voussure est visible au niveau du boîtier.

Et ensuite ?

Un livret d'utilisation et de surveillance de votre chambre implantable vous sera remis à l'issue de votre hospitalisation (demandez-le le cas échéant à l’équipe soignante). En cas de problème, n'hésitez pas à contacter votre chirurgien, l'équipe infirmière et médicale qui vous suit, ou votre médecin traitant.
Après l'intervention, évitez de prendre des douches pendant 3 à 4 jours, et des bains pendant une dizaine de jours. Des pansements simples sont nécessaires pendant ce temps, et jusqu'à l'ablation des fils (lorsqu'ils ne sont pas résorbables).
Lorsque la peau est cicatrisée (10 jours environ), aucune précaution particulière n'est nécessaire dans la vie de tous les jours : vous pouvez par exemple aller à la piscine ou à la plage, vous baigner, prendre l'avion, etc...

Si on ne se sert pas pendant un long moment de la CIP, il est conseillé de faire effectuer un rinçage (injection d’un peu de sérum physiologique dans la CIP) par une infirmière toutes les 8 à 12 semaines pour éviter qu’elle ne se bouche.

Si vous constatez l'apparition de rougeur, de douleur, d'irritation ou de gonflement au niveau du site implanté, consultez rapidement votre médecin.

Si la CIP n’est plus utile ou si elle présente un problème, il est possible de la retirer très facilement au bloc opératoire sous anesthésie locale.

Comme pour toute intervention et implantation chirurgicale, un certain nombre d'effets indésirables et de complications sont susceptibles de se produire lors de la mise en place ou de l'utilisation du dispositif. Bien que des milliers de personnes bénéficient chaque année de la mise en place d'une CIP sans aucun effet secondaire, il est de notre devoir de vous informer de l'ensemble des risques (voir ci-contre).
Nous souhaitons que votre chambre implantable permette le déroulement de votre traitement dans les meilleures conditions possibles de confort et d’efficacité.

L’équipe soignante

Effets indésirables et complications possibles (mais non obligatoires !)

  1. risques associés aux anesthésies locales ou générales, à l'intervention chirurgicale(saignement, infection locale, douleur) ;
  2. incidents ou accidents rares liés à la technique de mise en place de la CIP : saignement, hématome local, fuite d’air du poumon (pneumothorax), saignement dans la cage thoracique (hémothorax), lésions des vaisseaux ou des nerfs du voisinage, embolie gazeuse, trouble du rythme cardiaque ;
  3. incidents ou accidents liés à l'entretien et à la manipulation de la CIP : cathéter qui se bouche, rupture du cathéter qui peut migrer, fuite de la perfusion sous la peau, infection locale ou générale, coagulation du sang autour du cathéter (thromboembolie, thrombophlébite) ;
  4. incidents ou accidents liés à la situation sous cutanée de la CIP : érosion ou inflammation de la peau, extériorisation de l'implant, déplacement de la chambre ou du cathéter ;
  5. autres incidents : rejet de l'implant, sensibilisation (allergie).
  6. Tous ces incidents sont possibles mais rares et réversibles avec un traitement adapté. A l’inverse, ne pas poser de CIP expose au risque d’épuiser rapidement votre capital veineux (ne plus trouver de veines pour faire les perfusions) et de ne pas pouvoir poursuivre votre traitement.
  7. En tout état de cause, signalez toute anomalie au niveau de votre CIP à votre équipe soignante (adressez-vous aux urgences en dehors des heures ouvrables).